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Programme
LA VERITE SUR ALESIA une conférence présentée par Franck FERRAND Historien et Animateur sur Europe1, avec la participation de:
- Danielle PORTE Docteur ès Lettres, Enseignant-Chercheur à la Sorbonne Paris IV. - François CHAMBON Architecte et Polémologue. - Renato SALERI Architecte et Chercheur au laboratoire MAP de l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Lyon. ALESIA : PREMIERE PAGE DE NOTRE HISTOIRE En 52 avant Jésus Christ, après six ans passé sous le joug romain, les peuples gaulois se soulèvent contre l'envahisseur. Vercingétorix prend le commandement militaire d’une coalition gauloise, et livre aux légions romaines une guérilla sans merci. César, après l'échec du siège de Gergovie, concentre à Langres toutes ses forces : 60 000 soldats. Son seul but : évacuer la Gaule révoltée avec son butin de guerre. Du plateau de Langres, il lui faut gagner le pays des Allobroges (du côté de Genève). Sur sa route, se dresse la citadelle d'Alésia. C’est là que l’attend Vercingétorix, à la tête de 80 000 fantassins et 15 000 cavaliers. Le chef gaulois oblige les Romains à mettre le siège sous ses murs, et s'enferme dans la ville dans l’attente d’une armée de secours comptant 250 000 hommes ! Pourtant, à un contre six, César va réussir – la trahison de certains Gaulois aidant – à se tirer de cette souricière. Et les auteurs latins vont pouvoir faire entrer la Gaule dans l’Histoire... On a pu dire, dès lors, qu’Alésia était la première page de l’histoire de France. UNE LOCALISATION CONTROVERSEE Dix-neuf siècles plus tard, par décret impérial, Napoléon III décide d’identifier l’emplacement du siège et de la bataille au Mont-Auxois, près d’Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne – et ce, en contradiction ouverte avec les textes antiques qui situaient Alésia chez les Séquanes (c’est-à-dire dans le Jura). Cette localisation forcée s’appuie sur les conclusions plutôt vagues d’une commission d’historiens, arguant elle-même de la tradition orale et de la découverte d’une inscription antique hautement controversée. Et si les fouilles menées alors par un aide de camp de l'Empereur font apparaître les vestiges d'un siège antique, ce qu’elles ramènent au jour, en revanche, ne concorde en rien avec le texte de César, La Guerre des Gaules. Par la suite, plusieurs campagnes archéologiques – dont les dernières ne remontent qu’aux années 1990 – n’apporteront, quoi qu’on ait pu prétendre, aucun élément fiable à l’appui de la localisation d’Alésia en Bourgogne. LA DECOUVERTE QUI CHANGE TOUT En 1961 (il y a donc cinquante ans), le professeur André Berthier, directeur de la circonscription archéologique de Constantine, en Algérie, se livre à une analyse topographique poussée de La Guerre des Gaules ; puis il confronte, sans a priori, le résultat de cette analyse à la topographie de tout le quart nord-est de la France. A son propre étonnement, il met ainsi en évidence un site correspondant exactement aux descriptions de César – lieu inconnu jusqu’alors, sis en plein Jura, sur les communes de Syam et Chaux-des-Crotenay, au sud de Champagnole. Vérification faite in situ, tout y correspond parfaitement : distances, mesures, surfaces, structures militaires – pour ne rien dire d’un important matériel archéologique affleurant. UNE VERITE OCCULTEE Jusqu’à sa mort en 2000 – c’est-à-dire pendant près de quarante ans – André Berthier n'aura eu de cesse de prouver la justesse de sa découverte, et d’en dégager les implications. Mais, en dépit de quelques autorisations « verticales » pour des sondages ponctuels, il se verra empêché dans ses travaux par l’hostilité constante des Administrations et des instances officielles – uniquement soucieuses de protéger la réputation usurpée du site bourguignon d’Alise-Sainte-Reine. Ni la présence, à Chaux-des-Crotenay, d’une enceinte cyclopéenne conforme aux appréciations de Diodore de Sicile – définissant Alésia comme « une très grande ville, centre religieux et métropole de toute la Celtique » – ni la découverte progressive de l’ensemble du dispositif de siège décrit par César, ne suffiront à infléchir la position obtuse des autorités archéologiques. Tout cela, au risque de laisser sans protection un ensemble unique en Europe de vestiges cultuels celtiques et protoceltiques. LE SECOURS DES TECHNOLOGIES DE POINTE Aujourd’hui, grâce notamment à des techniques d’investigation de pointe (LIDAR, géomorphologie), les continuateurs du travail d’André Berthier, œuvrant de concert avec d’éminents polémologues, philologues, etc. sont en mesure d’apporter les preuves qui, faute d’autorisation de fouilles, ont tant fait défaut à leurs devanciers. Cette équipe est solide et unie. Ses résultats s’additionnent, au seul profit de la vérité historique. Les grands médias lui témoignent un intérêt sans cesse croissant. Mais in fine, seule une campagne de fouilles permettrait de mettre au jour la ville protohistorique aussi bien que les traces du siège. Seule une campagne de fouilles, en balayant de vaines polémiques, serait à même de faire classer un site historique majeur, et de rendre leur dimension aux deux grands stratèges que furent, indissociablement, Vercingétorix et Jules César. Pour en savoir plus: http://alesia.jura.free.fr/ http://www.alesia-retrouvee.fr/ Postez un commentaire avec Facebook ! |